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Comment l’hôtel -dieu du creusot va devenir une clinique

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Catégorie : Revue de presse
Créé le vendredi 31 octobre 2014

La Cour des Comptes va bientôt publier un rapport pointant les 60 millions d’euros versés par l’État en 20 ans pour faciliter la coopération entre les hôpitaux du Creusot et de Montceau. « L’échec d’un hôpital unique Montceau-Le Creusot est désormais acté et irrémédiable », a déclaré mercredi, le directeur de l’Agence régionale de santé Christophe Lannelongue, en assumant cet échec face à une centaine de salariés de l’Hôtel-dieu désabusés.

 

Par le passé, l’hôpital creusotin avait pourtant accepté de perdre de gros services comme la chirurgie orthopédique, la pneumologie ou la cardiologie au nom de la suppression des « services doublons ». Le personnel avait aussi été mis à rude épreuve en juin 2012, lorsque la fondation Hôtel-dieu avait été placée en redressement judiciaire. Si la ville avait alors sauvé in extremis son hôpital en rachetant les murs (10,2 millions d’€) l’établissement avait aussi été amputé de 70 salariés (dont une dizaine de départs contraints) entraînant des désorganisations importantes.

Puis, pendant plus d’un an et demi, l’hôpital s’est figé. « Nous n’avons vu aucune réforme organisationnelle au niveau du bloc opératoire alors qu’il coûte 30 % plus cher qu’ailleurs et nous n’avons toujours pas de projet médical », relève Murat Berbergolu du syndicat FO, dont le droit d’alerte est passé quelque peu inaperçu en pleine élection municipale. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes, 2013 affiche un déficit de 720 000€ alors même que l’État avait versé cette année-là, 2 millions d’euros d’aide exceptionnelle de trésorerie à l’hôpital.

Le chaud et le froid

Dans ce contexte, le directeur de l’ARS est venu souffler le chaud et le froid mercredi. « Nous considérons que l’offre de santé de proximité de Hôtel-dieu est indispensable sur le territoire, a soutenu M. Lannelongue. Mais la situation financière de l’établissement est extrêmement difficile. Si rien n’est fait, vous disparaîtrez car un hôpital qui ne peut plus investir est condamné à mort ».

Pour sortir de l’impasse, l’ARS demande maintenant formellement à la fondation à but non lucratif de rechercher un partenaire privé avant fin 2015 et donc de changer de statut. « Il n’y a pas d’avenir pour les hôpitaux isolés. La logique de spécialisation est une nécessité pour attirer des professionnels et améliorer la qualité de l’offre de soins », explicite le directeur qui vise pour le nord Saône-et-Loire (350 000 habitants) « un équilibre de l’offre publique, avec l’hôpital de Chalon et ses antennes Montceau et Autun et privée ». Sur le modèle du CHU de Dijon, l’ARS va prochainement signer un contrat de performance avec l’Hôtel-dieu pour détailler les objectifs et les moyens d’une restructuration, secteur par secteur. « Une première version d’un nouveau plan de redressement sera discutée à très court terme dans le cadre du dialogue social », glisse le directeur sous le regard médusé des salariés de l’Hôtel-dieu qui n’ont semble-t-il, pas fini de fournir des efforts.

le 31/10/2014 à 05:00 | Marion Giouse

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