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HOTEL-DIEU DU CREUSOT : Le Tribunal rendra sa décision le 17 décembre

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Catégorie : Revue de presse
Créé le mercredi 9 décembre 2015

Le groupe SOS semble le mieux placé pour être désigné repreneur. Il y a des signes qui ne trompent pas. Quand Bernard Bensaïd, le boss de DocteGestio et sont staff sont sortis de la salle du Tribunal de Grande Instance à Chalon-sur-Saône, où étaient examinées les offres de reprises de l’Hôtel-Dieu, il semblait de toute évidence beaucoup moins serein qu’avant son audition.

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Le tribunal avait décidé d’entendre séparément les deux candidats. C’est donc Sylvie Justin la patronne de SOS qui est passée la première, avant que Bernard Bensaïd tente un «coup de poker», selon l’expression même de Murat Berberoglu, le représentant de FO et du CE. Un coup de poker à 2,5 millions d’euros, correspondant à la somme supplémentaire que DocteGestio était prêt à mettre sur la table du tribunal, pour rafler la mise.


«Mais l’offre supplémentaire de Bernard Bensaïd a été jugée irrecevable par le Procureur Monsieur Prost», car elle était hors délai. Etait-ce simplement un coup de bluff pour envoyer un message subliminal au Tribunal, sur le thème «mon groupe a des réserves financières», ou bien cela traduisait-il un pierre supplémentaire d’une volonté affirmée de ravir la reprise de l’Hôtel-Dieu au groupe SOS. «On a déjà était en concurrence quatre fois. SOS l’a remporté deux fois. Et nous deux fois. C’est donc la belle qui se joue», glissait avec le sourire Bernard Bensaïd avant son audition, au cours de laquelle il a détaillé ce qu’il avait déjà déclaré à creusot-infos (lire notre précédent article).


Si la justice est souveraine et si sa décision sera prise en âme et conscience, force est de reconnaître que mardi soir, c’est plutôt le groupe SOS qui semblait avoir la faveur des pronostics. C’est le 17 décembre dans la journée que le jugement, mis en délibéré, sera connu.
Mais il y a des signes qui ne trompent pas. Maitre Picard l’administrateur judiciaire, l’Agence Régionale de Santé, le gestionnaire des créances Me Deslorieux, l’avocat des AGS, le conseil d’administration de l’Hôtel-Dieu par la voix d’André Billardon, mais aussi le Procureur de la République ont, manifestement, affiché leur préférence pour le projet présenté par Sylvie Justin.


«Tous les feux sont au vert en faveur de SOS», relève André Billardon qui ne manque pas de préciser que le bureau du conseil d’administration de la Fondation Hôtel-Dieu s’est prononcé à l’unanimité en faveur de SOS.
Sylvie Justin qui s’est exprimé sur creusot-infos dans le week-end-end (lire notre article) annonce que le retour à l’équilibre est prévu sous quelques exercices. Avec deux millions de pertes en 2016, 300.000 euros en 2017 et un gain d’un million d’euros en 2018. «Il faut bien comprendre que l’équilibre ce n’est pas zéro. L’équilibre c’est quand on est en capacité d’investir pour entretenir l’existant, mais aussi pour investir dans de nouveaux équipements médicaux».


Selon les préconisations des autorités de tutelle, le développement de la chirurgie ambulatoire est un objectif affirmé. «Dans un autre établissement que nous avons repris, elle était pratiquement nulle. Aujourd’hui elle est à 40%. Mais attention, il ne faut pas que l’ambulatoire soit comme une religion. Pour les personnes âgées, elle n’est pas la solution la plus adaptée». Pour la développer, Sylvie Justin compte sur la nouvelle génération médicale qui arrivera dans les prochains semestres et prochaines années.
La directrice de SOS annonce, si son groupe est retenu, une entrée en service de l’IRM au second semestre 2016. Même horizon pour le retour de la cancérologie


Socialement parlant, il faudra attendre la décision du tribunal. Murat Berberoglu s’il affirme ne pas pouvoir se satisfaire des suppressions d’emplois relève que le chiffre a diminué. «Grâce à la concurrence dans les offres de reprise, le groupe SOS est passé de 114 suppressions à 67. Et sur ce nombre il y aura des départs volontaires», glisse-t-il.
André Billardon insiste sur un point : «Il est essentiel pour l’avenir de détricoter la partie du dossier concernant les mises à disposition. C’est vital pour repartir sur des bases saines.
Il ne reste plus qu’à attendre la décision du Tribunal.
Alain BOLLERY 

 

Hôtel-Dieu du Creusot : deux candidats à sa reprise devant le tribunal de Chalon…

... et réponse pas avant ... le 17 décembre 2015 !

C’est ce mardi après-midi que les deux candidats à la reprise de l’Hôtel-Dieu du Creusot ont été entendus, à huis clos, au tribunal de Chalon-sur-Saône.

L’audience s’est tenue en présence de Bruno Legourd, Directeur de la CHT Saône-et-Loire Nord Morvan, de Isabelle Tabyaoui, Directrice déléguée et secrétaire général du Centre hospitalier de Montceau, du Président du Conseil d’administration de la Fondation Hôtel-Dieu, André Billardon et d’un représentant des salariés et des représentants du CE.

Un enjeu pour Montceau et pour la CHT

 

 

Cette audience était de toute importance pour les trois hôpitaux publics, comme nous l’a expliqué Bruno Legourd, car celle-ci conduisait à la disparition de la dette de l’Hôtel-Dieu, à l’égard de l’hôpital de Montceau, une dette s’élevant à 2 millions d’euros.

Autre point d’inquiétude : « Nous avions différentes conventions avec l’Hôtel-Dieu. Tout va être dénoué. Ce n’est pas sans poser des problèmes pour l’IRM, le scanner, l’IFSI, la HAD (Hospitalisation à Domicile). Cette dernière est très importante. Que va devenir le personnel mis à disposition ? Nous nous inquiétons du risque de rupture de prise en charge pour les soins ou encore l’imagerie médicale. Nous attendons donc de savoir avec beaucoup d’intérêt avec quel repreneur nous allons négocier. Aujourd’hui ce sont environ une quarantaine de personnes qui seront mises à disposition sur la maternité, l’oncologie, l’IFSI ou encore la HAD. »

Les deux repreneurs candidats ont défendu leur projet l’un après l’autre

Chaque repreneur potentiel a défendu l’un après l’autre son projet répondant aux questions des uns et des autres.

Avant son passage Bernard Bensaïd, fondateur et gestionnaire de Doctegestio nous confiait : « Doctegestio est le mieux-disant social. Seulement 49 personnes sur 647 ne seront pas reprises. Pour celles-là, il y a aura des mesures d’accompagnement, avec 3000 € par collaborateur pour le reclassement, la formation et les déplacements. Au sein de notre groupe, nous faisons 200 embauches par an. Nous possédons déjà plusieurs établissements de santé dont des EPAHD par exemple. Pour l’Hôtel-Dieu, nous souhaitons revenir à des services de proximité. Dans ce sens, nous avons rencontré l’ensemble des acteurs. Nous souhaitons ouvrir un centre de consultation externe et répondre à 90-95 % des besoins. Au niveau diabétologie, nous rajouterons le traitement de l’obésité. On garde 100% de la pédiatrie et 100% de la maternité. Et c’est en gardant la pédiatrie qu’on sauve la maternité. »

Doctegestio est rentré récemment dans la course à la reprise de l’Hôtel-Dieu. Bernard Bensaïd a expliqué que c’est l’un des volets de la loi Macron qui va empêcher au groupe d’avoir connaissance du dossier plus tôt, celui-ci n’étant pas rendu public.

Pour Bernard Bensaïd, l’offre proposée par son groupe était plus intéressante que celle proposée par SOS sur trois critères : le social où son groupe proposait de reprendre 35 postes de plus, le prix en proposant 500 000 € de plus et la poursuite des activités où le groupe Doctegestio proposait une reprise de l’ensemble des activités.

« On est favori. Nous offrons 1260000 € pour l’établissement, contre 760000€ pour SOS. ».

Après son passage, Sylvie Justin du groupe SOS a souhaité rappelé la crédibilité de l’offre « On y travaille depuis plus d’un an. On est allé voir tous les intervenants. Concernant la pédiatrie, des lits dédiés ne pourraient pas fonctionner à l’année. Mais dans notre reprise de plusieurs établissements lorrains, nous avons démontré notre capacité de management. Nous pensons atteindre l’équilibre en 2018, atteindre -300000 € en 2017. L’équilibre, ce n’est pas zéro pour un hôpital. Il faut investir. Pour l’IRM, on a entamé une discussion avec l’ARS. Ce serait courant du deuxième semestre 2016. Il faut le faire très vite. Et cela engage des travaux importants. Pour l’ambulatoire, il faut recruter des médecins sachant faire cela. C’est une question de génération des médecins et de techniques. Avec une population vieillissante, l’âge n’aide pas à rentrer rapidement chez soi. Donc pour l’ambulatoire, soyons vigilant. Cela dépend des pathologies. Pour la cancérologie, on a la promesse qu’on l’aura. Je pense au début du 2e trimestre. Pour la cardio, il faut trouver le médecin ad hoc. Et pour l’orthopédie, c’est aussi une question de recrutement. »

Coup de poker du groupe Doctegestio

Murat Berberoglu, représentant du personnel a répondu à nos questions à la sortie de l’audience. Il a ainsi révélé le coup de poker tenté par Doctegestio en proposant une reprise de l’Hôtel-Dieu à hauteur de 2,5 millions d’euros. Toutefois, cette surenchère n’a pu être acceptée. L’administrateur judiciaire a déclaré que cela n’était pas possible.

Au cours de l’audience, le procureur se serait positionné en faveur du groupe SOS.

murat berberoglu

Murat Berberoglu de son côté a expliqué « On ne pouvait pas rendre un avis éclairé, car on n’avait pas assez d’éléments de travail. Ces derniers mois, le groupe SOS n’a pas répondu à nos questions. L’ARS s’est déjà positionnée. Le business plan de Doctegestio a été remis en cause aujourd’hui. Quoiqu’il en soit, notre but était de mettre en concurrence les deux offres. On a atteint un sous-objectif. Au départ, SOS souhaitait supprimer 114 postes. Aujourd’hui il parle de 67 postes. On a pu donc négocier sur les effectifs du fait de la concurrence ».

Le sort de l’Hôtel-Dieu devrait être connu le 17 décembre en fin de matinée. Le tribunal de Chalon-sur-Saône rendra sa décision à cette date.

Annabelle Berthier et Émilie Mondoloni

 

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