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HOTEL-DIEU Le Creusot : Interview de Philippe Bucheret, directeur de l’Hôtel-Dieu

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Catégorie : Revue de presse
Créé le lundi 7 mars 2016

«La projet médical sortira en avril»
«L’Hôtel-Dieu suscite de l’intérêt. Nous avons recruté des médecins et nous sommes en discussions avec d’autres»
«L’Hôtel-Dieu a toujours une prise en charge de la pédiatrie. Les parents doivent passer par les urgences»
«La maternité s’appuie actuellement sur deux pédiatres»

Un peu plus de deux mois après la reprise effective de l’Hôtel-Dieu par le groupe SOS, Philippe Bucheret, directeur de l’établissement a accordé, ce lundi matin, une interview à creusot-infos. Un entretien pour parler de l’évolution de l’établissement, de ses recrutements, mais aussi de la nouvelle donne pour l’accueil pédiatrique qui désormais s’effectue directement aux urgences.  Dans la droite ligne de ce qui avait été annoncé, l’activité du service pédiatrique a en effet été suspendue, mais l’accueil pédiatrique est lui balisé.

Où en est l’Hôtel-Dieu aujourd’hui ?
PHILIPPE BUCHERET : «L’Hôtel-Dieu travaille sur son projet médical qui sortira à la mi-avril. On aura alors des réunions qui associeront la communauté médicale du Creusot et de sa région. Ce projet médical s’inscrit dans le plan de reprise de l’Hôtel-Dieu et il est attendu par l’Agence Régionale de Santé. Le travail qui se fait depuis le mois de janvier a fait l’objet d’une présentation intermédiaire à l’ARS qui a validé les lignes directrices. C’est ce qui est attendu par les autorités de tutelle».

"L’Hôtel-Dieu présente une offre qualifiée"

Quelles sont les lignes directrices ?
«Premièrement, Le Creusot est hôpital de proximité. Il est en mesure d’apporter des réponses de premier niveau pour les besoins de la population. C’est ce qui est attendu par les autorités dans le respect et le cadre d’une offre de santé qui est graduée à l’échelle d’un territoire.
Deuxièmement, l’Hôtel-Dieu a donc et présente donc une offre qualifiée en médecine, chirurgie et obstétrique, avec un plateau d’urgence médicale, chirurgicale et obstétricale. Ceci dans le cadre des autorisations accordées à l’établissement.
Troisièmement, il nous est demandé et nous sommes en mesure d’apporter une réponse qui soit en phase avec les besoins de la population. Oui elle est au plus près des besoins de la population».

Dans ce cadre quelles stratégies mettez-vous en œuvre ?
«Nous avons lancé des recrutements de médecins, mais aussi de professionnels médicaux et paramédicaux, sur les différents champs d’activité de l’Hôtel-Dieu….»


Un chirurgien spécialisé
dans la chirurgie du cancer est arrivé

Avec quels résultats ?
«Nous avons effectué des recrutements en gynécologie obstétrique – NDLR : ainsi que cela a été annoncé sur creusot-infos (cliquez ici) -. Nous avons également recruté deux endocrinologues ; Un chirurgien spécialisé dans la chirurgie du cancer et générale.
Nous sommes actuellement en discussions avec d’autres candidats, notamment deux anesthésistes, deux médecins chirurgiens, dont un en bariatrie, une spécialité traitant des personnes obèses.
Au total, sans rentrer dans le détail pour de légitimes questions de confidentialité, nous sommes en discussions avec vingt et un médecins, tous en cohérence avec le projet médicale, dont effectivement deux pédiatres.
Que l’on s’entende bien, cela ne veut pas dire que les vingt et un rejoindront tous l’Hôtel-Dieu. Mais cela veut dire clairement qu’aujourd’hui l’Hôtel-Dieu suscite de l’intérêt. Pour ce qu’il représente en tant qu’institution, mais aussi par son volume d’activités. Oui, nous sommes attractifs. Mais nous sommes dans un milieu de forte concurrence. Les recrutements déjà opérés sont là pour valider et confirmer notre attractivité».
Comment comptez-vous agir sur les services ?
«Oui on doit aussi organiser les services qui doivent prendre en compte à la fois les autorisations dont on dispose, mais aussi l’évolution des pratiques.

L’activité du service pédiatrique a été suspendue vendredi et les parents sont invités à se rendre au service des urgences de l’Hôtel-Dieu ? Pourquoi ?
«Il a toujours été dit qu’il était absolument nécessaire d’avoir une prise en charge permettant de répondre aux besoins de la population. Trouver un pédiatre pour un enfant qui va mal, c’est ce que nous faisons.
Mais d’une façon plus générale, nous allons vers une prise en charge plus adaptée, pour répondre à des besoins nécessitant des parcours en adéquation avec la situation du patient, en sachant que l’Hôtel-Dieu ne peut pas tout faire.
Il faut le préciser et le rappeler : L’Hôtel-Dieu n’a jamais eu un service d’urgence pédiatrique depuis au moins plus de dix ans. L’Hôtel-Dieu n’a jamais eu d’autorisation de néonatalogie, car il a une maternité de niveau un, comme d’autres maternités dans le département de Saône-et-Loire et en Bourgogne…»

«Le Creusot a toujours
une prise en charge de la pédiatrie»


Oui mais alors comment les choses se passent-elle désormais ?
«Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’accueil d’urgence des jeunes patients et pas de prise en charge néonatale du bébé.  Depuis dix ans c’est comme cela.
Je le dis clairement et sans ambiguïté : L’Hôtel-Dieu a toujours une prise en charge de la pédiatrie. Elle s’organise de la façon suivante :
Nous sommes toujours dans l’accueil et la prise en charge d’une maternité de niveau un. Cela concerne les bébés en suite de naissance avec actuellement deux pédiatres et sans doute plus demain.
Il y a donc bien toujours un pédiatre pour les enfants qui naissent à la maternité de l’Hôtel-Dieu.
A côté de cela, nous voulons encore plus développer les consultations spécialisées, car c’est cela dont la population a besoin. C’est ce qui va se développer physiquement dans les locaux de la pédiatrie.
J’ajoute que sont maintenues et seront développées les prises en charge chirurgicales et ambulatoires pour les enfants. L’Hôtel-Dieu le fait toujours.
Enfin, concernant la pédiatrie et les enfants, c’est un accueil 24 heures sur 24 aux urgences, avec un avis pédiatrique si nécessaire, puisqu’il y a une astreinte pédiatrique les nuits et les week-end… Comme il y a d’ailleurs d’autres praticiens d’astreinte, en obstétrique, en chirurgie et en médecine.
Nous avons également en projet, à l’horizon de l’automne, une prise en charge pédiatrique bien spécifique».

Un accueil spécifique pour les encombrements respiratoires à l’automne


Laquelle ?
«Nous allons mettre en place à l’automne une prise en charge pour les encombrements respiratoires des nourrissons, ce que beaucoup appellent la bronchiolite. Cet accueil sera plutôt basé aux urgences ou dans son prolongement. Et c’est une offre qui respectera les préconisations».

Que se passe-t-il si un enfant a besoin d’être hospitalisé plus d’une journée ?
«La réponse est de niveau deux et je rappelle que la maternité du Creusot, comme d’autres dans le département est de niveau un.  Donc si un enfant a besoin d’une hospitalisation de plusieurs jours, c’est dans un autre établissement de Saône-et-Loire ou de Bourgogne. Ce qui est important c’est que la prise en charge soit sécurisée et cela nos professionnels de santé savent le faire.
Cela-dit, il me semble important d’apporter des réponses précises et chiffrées à certaines affirmations. S’agissant du service d’hospitalisation complète, il y a des réalités. Le service pédiatrique disposait de neuf lits. Sur les deux à trois dernières années, on avait un taux d’occupation moyen de trois lits.
Devant ce constat, notre responsabilité c’est d’avoir une sécurisation de la prise en charge pédiatrique, avec une offre plus adaptée. Elle s’articule autour de plusieurs axes : Diagnostic, prise en charge de premier niveau, conseil et orientation» .

Quel a été l’avis de la commission médicale concernant la pédiatrie ?
«Toutes les organisations de services, y compris de la pédiatrie, ont reçu un avis favorable de la commission médicale. Etant entendu qu’il n’y avait pas d’accueil d’urgence pédiatrique à l’Hôtel-Dieu du Creusot».

Recueilli par Alain BOLLERY

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