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Un avenir à but lucratif ?

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Catégorie : H.D. Le Creusot
Créé le vendredi 17 octobre 2014

jslNouvel épisode dans le feuilleton Hôtel-Dieu, l’arrivée d’un potentiel repreneur privé à but lucratif. Les salariés ont tenté hier d’obtenir des informations.

 

 

Le ton est monté rapidement hier après-midi à l’Hôtel-Dieu lors de la réunion d’information aux salariés. Ce préambule au conseil d’administration aura duré plus de deux heures, s’achevant par un débat assez stérile sur les erreurs du passé entre Murat Berberoglu, représentant du syndicat majoritaire FO santé, et le président André Billardon.

Dès le début de séance, le représentant syndical exigeait qu’un appel soit passé au directeur de l’ARS Christophe Lannelongue en vue d’obtenir sa venue au Creusot pour répondre aux questions du personnel sur leur avenir. Si le directeur Philippe Bucheret a finalement obtenu une rencontre la semaine prochaine, les salariés sont repartis bredouilles concernant le projet qui les intéressait le plus.

« C’est déjà signé ! »

Car le sujet principal du jour, c’était bien le projet de reprise de la fondation creusotine par le groupe privé bourguignon à but lucratif, Avenir Santé. Une information relayée mercredi par FO sur son site internet, mais lâchée quelques jours plus tôt lors de la commission médicale permanente de l’hôpital de Montceau par le directeur de l’ARS.

Avenir Santé, un nom qui ne sera jamais sorti de la bouche d’André Billardon, qui n’a pas voulu citer ce potentiel repreneur avant une rencontre avec son représentant : « Je ne suis même pas sûr que le groupe en question soit intéressé. » Avant de se contredire plus tard : « Toute l’activité de l’Hôtel-Dieu l’intéresse, avec possibilité d’en développer d’autres. »

« C’est du pipeau, c’est déjà signé ! L’ARS l’a annoncé ! », pouvait-on entendre dans la salle. André Billardon, lui, s’est cantonné à évoquer cette opportunité comme une simple « hypothèse » parmi les « quatre qui sont encore sur la table ». Quatre hypothèses dont il s’est attaché à lister les avantages et les inconvénients dans un contexte général de restructuration des établissements de soins, publics ou privés.

Avantages et difficultés

La première hypothèse est celle d’un Hôtel-Dieu restant isolé dans son statut historique d’hôpital à but non lucratif, avec ses incertitudes de financement et ses difficultés de recrutement. Autre hypothèse, le passage au statut public avec intégration à la communauté hospitalière du territoire Nord Saône-et-Loire (Chalon-Montceau-Autun). « À ce jour, ce n’est pas envisagé par l’ARS. D’autre part, Chalon avale aujourd’hui la plus grande partie du budget de l’ARS », considère l’élu.

Une troisième solution serait un rapprochement avec une autre structure non lucrative. « Mais ce secteur est en perte de vitesse. Après contact avec la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne, dont fait partie l’Hôtel-Dieu, nous n’avons aujourd’hui pas de nom sérieux qui pourrait déboucher vers un rapprochement », a concédé André Billardon.

« Ne rien rejeter a priori »

Reste la solution du rachat par un groupe à but lucratif tel qu’Avenir Santé. « Ce n’est pas naturellement à ce secteur auquel je penserais d’abord. L’ARS pousse en ce sens. J’ai totalement exclu de dire “a priori non” car on ne sait pas ce que peuvent donner les autres hypothèses. L’avantage, c’est que ce secteur a de l’argent pour investir et prétend pouvoir amener des médecins. L’inconvénient, c’est le vrai choc culturel. C’est l’hypothèse la plus compliquée à mettre en place, avec passage du statut de salarié à celui de libéral pour les médecins », a décrit André Billardon, qui a appelé les salariés à « ne pas accepter un projet qui n’existe pas, mais ne rien rejeter a priori ».

« Il noie le poisson ! », « Des réponses de politicien ! », pestaient certains salariés, qui ont quitté la salle au compte-gouttes avant la fin de la rencontre, dépités.

L’Hôtel-Dieu deviendra-t-il une clinique privée ? Avec quelles conséquences pour son personnel ? Il faudra attendre encore un peu pour le savoir. « Il y a énormément de questions pendantes », a tenté de tempérer André Billardon en assurant les salariés d’un engagement fort : le maintien d’un projet médical sur une base médecine — chirurgie — obstétrique : « Ce sera notre ligne de conduite quelle que soit l’hypothèse envisagée. »

Nicolas Manzano  

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